Voici un petit commentaire, à prendre au deuxième degrès bien sûr !
Tout le monde dispose d'un terrain capable de l'accueillir. Souvent, celui-ci est
sous nos yeux mais nous ne voyons pas toujours comment entreprendre ce travail
de longue haleine. L'espace réservé à cette construction est souvent envahi,
depuis des années, par un bac à sable, une volière, une dalle, des herbes
folles, un coin jardin,… bref, par toutes ces choses que notre éducation nous a
conduit à réaliser.
Le sol peut être plat (idéal), en pente ou même bosselé. En fait, peu importe le relief, ce qui
prime, c'est de bien " choisir " le moment. L'essentiel est d'être prêt, mûr avant d'entamer une
telle œuvre. Pour ma part, je ne me sentais pas prêt et je n'avais même aucune envie de la commencer.
Il est donc fondamental de rencontrer quelqu'un d'expérience qui pourra orienter, conseiller, guider
sans imposer sa vision des choses. Idéalement, il faut que cette personne ai pu, elle même, faire
ce travail. Elle guidera aussi vos lectures en fonction de votre état d'avancement. Elle sera
patiente… Elle aura suffisamment lu et mémorisé pour, à tout moment, être capable de vous donner
l'information ou pour vous indiquer où la trouver. Elle suivra attentivement la progression des
travaux, rectifiant quand cela s'avérera nécessaire. Elle vous laissera choisir les matériaux,
vous aidant même parfois à les récolter. En cas de découragement ou de doute, elle ne forcera pas
les portes. Sa propre expérience lui a appris que ces étapes sont aussi des moments incontournables
et elle sera même capable de les mettre à profit…
La profondeur du trou est d'une importance capitale pour la survie des poissons quand le climat
deviendra hostile. Il ne faut donc pas hésiter à creuser encore et encore. Un trou réalisé à la
main est conseillé car il permet de bien sentir sa mare, d'en prendre conscience, de l'apprivoiser.
Un recouvrement des bords par de l'argile permet de mieux la sentir encore.
La mare réalisée apporte déjà beaucoup de satisfactions mais c'est à ce moment que commence le
travail le plus fin, le plus complet, le plus difficile, le plus subtil : donner vie à cet espace.
Un seul mot, un seul résume l'objectif à atteindre : l'équilibre ! Certains y parviennent par
tâtonnement, d'autres par essais et erreurs. D 'autres encore se ruinent en filtres commerciaux
chimiques, physiques ou biologiques… Ma mare vit depuis quinze jours, elle va bien, très bien.
Je sais que le but est loin encore, très loin, car c'est dans la durée que le succès se mesurera…
Mais voici, pour qui veut l'entendre, mon secret :
Choisir une mare saine, belle, en équilibre. Demander à son propriétaire d'en retirer quelques
plantes, un ou deux poissons et… un peu de sa vase (celle du fond). Celui-ci n'en sera pas privé
mais votre mare à vous en sortira grandie et certainement sur la bonne voie de l'équilibre.
Vous l'aurez compris, la difficulté majeure est bien de rencontrer la bonne personne, au bon moment.
J'ai eu cette chance inouïe! Mais elle, elle vous dira que ce n'est pas de la chance car cela devait
se passer.
Nous avons créé notre mare il y a plus d'un an. Notre propriété étant
vraiment située à la campagne, nous voulions respecter le cadre naturel et
construire un point d'eau à l'aspect sauvage. L'objectif premier de notre
mare était aussi de drainer le terrain qui se trouvait être très
marécageux.
Ainsi nous avons entrepris d'aménager mon père et moi un étang naturel dont
l'étanchéité est assurée par la terre argileuse mais dont le niveau d'eau
fluctue néanmoins beaucoup. Outre la mare en elle-même, nous avons aussi
réalisé un fossé ou une sorte de petit ruisseau qui amène les eaux de pluie
et les eaux du drainage du terrain et des abord de la maison à la mare.
Pour creuser, nous avons profité d'une petite grue qui venait faire des
aménagements pour les terres autour de la maison.
J'ai aussi aménagé une zone de marais, une surface plane dans laquelle le
niveau d'eau n'est jamais très élevé. Ceci a pour but de permettre aux
oiseaux et notamment aux Hérons de venir se poser confortablement ! Je ne
tiens pas à chasser les oiseaux prédateurs des poissons car contrairement à
l'étang classique des jardins, le but de ma mare est d'établir tout un
cycle végétal et animal et de permettre une grande bio- diversité. Il faut
juste arriver à atteindre un équilibre.
Petit à petit, nous plantons dans et autour de la pièce d'eau. Il y a des "
Iris d'eau " sur les berges, des véroniques dans une zone de marais, des
renoncules aquatiques flottent à la surface, et au fond est placée une
plante oxygénante appelée " peste des eaux ". Sur les bords en pente, des
arbres et arbustes tels des aulnes, des ormes, et bien sûr des saules sont
installés. Il y a aussi quelques plantes vivaces qui forment des hautes
tiges afin d'offrir un refuge aux poules d'eau, et des plantes sauvages
comme des ronces.
Malgré ce que prônent tous les spécialistes de mares naturelles, j'y ai
introduit des poissons. Ils ne posent aucuns problèmes pour le moment.
Nous sommes maintenant agréablement surpris de notre réussite. La mare
attire en effet grands nombres d'animaux sauvages que nous n'avions jamais
vus auparavant comme des canards colvert, des poules d'eau, des rats
musqués. Elle abrite bien sûr des animaux plus classiques comme les
grenouilles, les tritons, des libellules, nombreux insectes.
Enfin, j'ai construis un ponton, une sorte d'embarcadère, qui permet de
s'avancer au-dessus des eaux pour pouvoir mieux observer la vie aquatique.
La création d'une telle mare naturelle est un choix à faire par rapport à
un étang classique. Cependant, elle est très intéressante si votre terrain
vous en donne l'occasion.