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Le plancton est constitué de tous les êtres vivants microscopiques qui vivent dans les milieux
aquatiques marins ou dans les milieux aquatiques continentaux. Nous présentons ici le plancton des eaux
douces. Même si les espèces ne sont pas toujours les mêmes, les planctons qui peuplent les mers, les océans, les
fleuves, les rivières ou les lacs se ressemblent beaucoup, et ont la même fonction écologique.
Les êtres vivants du plancton peuvent vivre soit en pleine eau (espèces strictement planctoniques), soit se fixer sur
un support immergé en sécrétant du mucus (periphyton), soit les deux (les cellules se détachent et sont entraînées
par le courant, pour se fixer ailleurs, ou parce cela correspond à un certain stade de leur développement).
Lorsque l'on observe une goutte d'eau, on peut voir beaucoup de créatures vivantes :
- petites ou grosses
- colorées, vertes, bleues, jaunes ou brunes, ou translucides
- non mobiles (fixées ou se laissant porter par le courant) ou mobiles (qui se déplacent dans l'eau ou qui font remuer l'eau autour d'elles)
- solitaires ou groupées
Dans un premier temps, il faut savoir distinguer les protistes (unicellulaires eucaryotes) des bactéries
(unicellulaires procaryotes) et des pluricellulaires (rotifères, crustacés et nématodes).
Tout être vivant est constitué de cellules. Certains ont plusieurs cellules, ce sont des pluricellulaires, d'autres
n'ont qu'une cellule, ce sont des unicellulaires. Parmi les unicellulaires, certains n'ont pas de noyau, ce sont des procaryotes (bactéries),
les autres ont un noyau, ce sont des eucaryotes. Ces derniers, grâce au noyau qui isole leur patrimoine génétique du reste de
la cellule (cytoplasme) sont plus évolués que les procaryotes.
Les eucaryotes unicellulaires, appelés protistes, sont des êtres vivants qui doivent tout faire par eux-mêmes,
avec leur cellule unique, pour assurer leur survie : ils n'ont ni tissus, ni organes spécialisés. Ils doivent savoir
trouver leur nourriture, la digérer, éliminer leurs déchets, se protéger, se déplacer et se reproduire.
C'est pour cette raison que les protistes sont les cellules vivantes les plus complexes, plus complexes encore
que les cellules des animaux supérieurs.
C'est aussi pour cette raison qu'ils ont besoin de vivre dans l'eau, ou éventuellement dans l'environnement
aqueux fourni par l'hôte qui les abrite lorsqu'ils sont parasites ou symbiotes ; leur densité est d'ailleurs très voisine de celle de l'eau.
Certains se regroupent en colonie organisée, ou en colonie comportant simplement plusieurs cellules juxtaposées,
pour former des ébauches de sociétés pluricellulaires.
Le groupe des protistes comprend environ 40 lignées et 60 000 espèces. Il provient de plusieurs ancêtres sans liens génétiques manifestes.
Les protistes sont des cellules microscopiques, de taille très variable, mais toujours beaucoup plus
grosses que les cellules procaryotes. La taille et la présence d'un noyau permettent donc de différencier facilement les protistes des procaryotes.
Dans un deuxième temps, il faut savoir reconnaître si notre protiste est un microphyte (algue microscopique) ou un protozoaire (animal microscopique).
La transformation de l'énergie solaire (lumière) en énergie chimique (hydrates de carbones : sucres, amidon, cellulose et graisses)
qui constitue la nourriture de base de tous les êtres vivants s'appelle la photosynthèse. Cette transformation est assurée par
des molécules photosynthétiques, principalement de la chlorophylle, qui sont empaquetées dans de petits organites appelés les chloroplastes.
La transformation inverse, qui permet de récupérer l'énergie piégée dans les hydrates de carbone par la photosynthèse,
s'appelle la respiration. Elle est assurée par les molécules de la chaîne respiratoire qui sont contenues dans de petits organites appelés mitochondries.
Alors que la photosynthèse consomme de l'énergie solaire, du CO2 et de l'eau, pour fabriquer des hydrates de carbone et
de l'oxygène, la respiration consomme des hydrates de carbone et de l'oxygène pour fabriquer de l'énergie chimique (ATP), en
restituant de la chaleur, de l'eau et du CO2.
Dans l'eau, comme sur la terre ferme, toutes les cellules vivantes eucaryotes, unicellulaires ou pluricellulaires, utilisent les
mitochondries pour respirer. Par contre, certaines cellules ont la possibilité de se nourrir grâce à l'énergie du soleil, ce
sont les autotrophes, alors que les autres en sont incapables, ce sont les hétérotrophes.
Le phytoplancton regroupe tous les organismes microscopiques unicellulaires (libres ou coloniaux) qui sont capables
d'effectuer la photosynthèse ; ce sont principalement des algues eucaryotes, mais il y a aussi certaines bactéries
photosynthétiques appelées algues bleu-vert ou cyanophycées. Les algues eucaryotes, ancêtres des plantes vertes,
fabriquent tous les hydrates de carbone, et aussi les acides nucléiques et les acides aminés dont ont besoin les hétérotrophes.
On les trouve à des concentrations variables suivant le degré d'eutrophisation du milieu. Dans les eaux des lagunes
d'épuration, il peut y avoir plusieurs milliers d'algues unicellulaires par millilitre !
Le zooplancton regroupe tous les organismes microscopiques unicellulaires (protozoaires) ou pluricellulaires
(rotifères, crustacés et nématodes) qui ne possèdent pas de pigments chlorophylliens. Les protozoaires,
ancêtres des animaux, sont obligés de se nourrir de matière organique (substances organiques dissoutes dans
l'eau, débris de matière organique en décomposition ou matière organique vivante), ou peuvent héberger des micro algues
qui leur fournissent la nourriture (symbiotes). Ces protozoaires sont donc soit des nécrophages, soit des prédateurs qui
peuvent s'attaquer aux bactéries, aux algues ou même à d'autres protozoaires, soit encore des parasites.
Certains protistes, comme les euglènes, peuvent être à la fois autotrophes ou hétérotrophes, selon les conditions du milieu dans lequel ils vivent.
Tous les protistes ont un noyau, des vacuoles, des réseaux de membranes et des mitochondries, mais seules les algues
possèdent des plastes photosynthétiques verts, jaunes ou bruns. La présence de plastes colorés est donc un critère
simple pour distinguer les algues des protozoaires qui en sont dépourvus.
Dans un troisième temps, il faut reconnaître si notre protiste, algue ou protozoaire, possède des cils, des flagelles ou
des pseudopodes qui lui permettent une certaine mobilité par rapport à l'eau.
Chez les algues comme chez les protozoaires, on rencontre des individus mobiles et des individus immobiles.
Les algues, pour la majorité d'entre elles, n'ont aucune mobilité propre : elles se laissent porter de façon passive par le courant ou restent fixées sur un support.
Cependant, certaines espèces d'algues sont capables de se déplacer par elles-mêmes pour rechercher la lumière.
Les protozoaires, incapables d'effectuer la photosynthèse, ont besoin de trouver leur nourriture activement. Ils peuvent être mobiles, ou fixés sur un support :
Ceux qui sont mobiles rampent sur leur support ou nagent en pleine eau, ce qui leur demande beaucoup d'énergie et un système de locomotion plus ou moins
performant selon qu'ils sont brouteurs ou chasseurs.
Ceux qui sont fixés doivent faire venir la nourriture à eux. S'ils consomment des bactéries, ils peuvent avoir des cils qui font circuler l'eau vers eux, les bactéries
sont récupérées au passage. S'ils consomment des protistes, ils peuvent avoir par exemple un flagelle collant qui leur sert de canne à pêche, ou bien des
tentacules paralysants ou harponneurs.
Quoiqu'il en soit, tous les protistes, algues ou protozoaires, doivent leur mobilité soit aux cils ou aux flagelles, soit au pseudopodes. Les cils et les flagelles
ont la même structure micro tubulaire, mais les cils sont plus courts que les flagelles. Les pseudopodes sont des extensions protoplasmiques déformables.
La mobilité des protistes constitue une grande part du spectacle offert par une goutte d'eau :
" en dépit de leurs aspects les plus frustrants, les mouvements effectués par les protistes sont réellement charmants. Comment voulez-vous formuler le glissement
humide d'une amibe ou les bonds exubérants d'un Didinium affamé ? " (1)