LE PLANCTON
d'eau douce.

Lac de la fesse,  Savoie.

Lacs de l'Ouillon, Savoie.

Grenouillette

Lentille d'eau mineure (Lemna minor)


les roseaux
La flore
Les lentilles


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IV - La reproduction des protistes

Le mode principal de reproduction des protistes est le mode asexué : la reproduction se fait soit par fission de la cellule mère en deux ou plusieurs cellules filles, soit par bourgeonnement de la cellule mère.
La reproduction asexuée entraîne une faible variabilité génétique, les cellules filles étant le portrait de leur mère, et l'évolution cellulaire se fait donc uniquement grâce aux mutations génétiques. Les amibes, par exemple, se reproduisent de cette façon.

Un certain nombre de protistes pratique la reproduction sexuée classique : les cellules parents fabriquent et expulsent des gamètes mâles ou femelles. Ces gamètes fusionnent ensuite dans le milieu extérieur pour former un nouvel organisme.
Certains utilisent en outre un autre mode de reproduction sexuée : les deux cellules mères fabriquent, dans leur cytoplasme, des micro noyaux haploïdes ; ces noyaux sont ensuite transférés d'un individu à l'autre par simple contact.
" lorsqu'ils s'engagent dans la reproduction sexuée, les protistes ne se réfèrent jamais à ce que nous appelons mâle ou femelle ; ils peuvent seulement appartenir à un " type sexuel ". Cependant, ce qu'ils font relève de la sexualité : deux individus de type sexuel complémentaire s'assemblent et échangent leur matériel génétique. Et certains font cela de manière très libre et très fantaisiste. En tant que groupe, il semblerait que les protistes soient spécialisés dans la sexualité… Certains s'accouplent pendant au moins quatre à cinq jours, prenant à la lettre l'invocation biblique " devenez la chair l'un de l'autre " ; les limites normales des cellules se rompent et elles fusionnent complètement. D'autres s'accouplent très classiquement en fait, mais ils ont besoin d'être en foule. Vous ne les verrez s'accoupler deux par deux que lorsque des centaines de cellules de types sexuels complémentaires sont réunies. Toutes ces cellules se collent ensemble jusqu'à former, à un moment donné, une masse compacte ; et c'est seulement après qu'elles se soient assurées que " chacune faisait la même chose " que les cellules se dispersent et s'accouplent en fusionnant leur noyau ". (1)

La reproduction sexuée permet la variabilité génétique de l'espèce, car les gènes des parents se combinent toujours de façon nouvelle pour s'exprimer dans la génération suivante.

" Mais ce qui est sans doute le plus curieux dans la sexualité des protistes, c'est qu'ils peuvent avoir plus de deux sexes. On prétend souvent que nous sommes les animaux qui ont le plus développé leur sexualité ; cela est peut-être vrai ; en tout cas, il ne fait aucun doute que nous aimerions bien que cela soit vrai. Cependant, nous ne pouvons pas être autre chose que : hétérosexuel, homosexuel, bisexuel ou encore asexuel. Pensez donc aux possibilités de ces protistes qui ont quatre, huit ou encore plus, types sexuels… Ils s'accouplent par paire, chacun des partenaires appartenant à un type sexuel différent… les types sexuels sont déterminés par la présence de molécules sur la membranes externe ; ces molécules interagissent lors des contacts. C'est ainsi que deux cellules du même type ne sont pas capables de se coller ensemble suffisamment longtemps pour que quelque chose puisse arriver…
L'avantage de cette abondance de types sexuels est évident. On pourrait penser que l'ennui ou le besoin de voir de nouveaux visages fassent partie de l'existence des protistes ; mais en réalité, lorsqu'il n'y a que deux types sexuels, la moitié de la population appartient au sexe opposé, et chaque individu a 50 % de chance de trouver un partenaire. Et comme l'expérience nous le montre, cela ne se passe pas toujours aussi bien que sur le papier.
S'il y avait quatre types sexuels, vous seriez déjà plus à l'aise, car vous auriez 75 % de chances de trouver un individu attirant appartenant à un sexe opposé au votre. Le meilleur, c'est Stylonichia : il s'offre 48 types sexuels différents. Cela signifie qu'un Stylonichia peut choisir son partenaire dans 97 % de la population ! vous pouvez l'envier ce Stylonichia, avec ces chiffres, il doit avoir du mal à rester seul… " (1)

Dessin PIERRE-OLIVIER SPITERI

" Il y a même un protiste qui pratique un rituel de l'accouplement : lorsque deux cellules se sont choisies, elles font une petite danse avant de s'accoupler. Elles abaissent leur bouche, et tournent de façon saccadée l'une autour de l'autre en décrivant de petits cercles, comme des indiens qui font la danse de la pluie. Et alors seulement elles s'accouplent. " (1)

V - Le rôle écologique des protistes

Les protistes autotrophes (algues microscopiques ou microphytes) sont des producteurs primaires, ils transforment la matière inorganique (eau, CO2) en matière organique (hydrates de carbone, acides aminés, acides nucléiques), et produisent de l'oxygène. Le phytoplancton des eaux marines et continentales fournit 70 % de l'oxygène de la planète, et les glucides qu'ils fabriquent en " mangeant " le soleil alimentent tous les autres niveaux trophiques.

- Les microphytes sont, avec les plantes aquatiques (macrophytes), à la base de la chaîne alimentaire des écosystèmes d'eau douce.
- Les bactéries hétérotrophes sont des décomposeurs, elles décomposent la matière organique en éléments nutritifs simples qui pourront être réutilisés par les autotrophes.
- Les protistes hétérotrophes sont des consommateurs herbivores. Ils se nourrissent principalement de phytoplancton et de bactéries. Ils sont à leur tour consommés par les organismes pluricellulaires (rotifères, crustacés et nématodes).
- Lorsque la mare est polluée (trop de matière organique : débris végétaux ou animaux en décomposition, excès de nourriture à poissons, etc.), les bactéries se développent en s'attaquant directement aux matières organiques ; le phytoplancton se développe à son tour en absorbant les nutriments libérés par la décomposition de la matière organique ; les populations de bactéries et de phytoplancton sont régulées par les protozoaires qui jouent le rôle de brouteurs et de prédateurs. Les populations de protozoaires sont régulés par les petits pluricellulaires, etc. C'est la chaîne alimentaire.

La présence en quantité trop élevée de nutriments dans l'eau (nitrates et phosphates) peut entraîner des proliférations d'algues vertes (c'est le phénomène d'eutrophisation). Ces masses de matière vivante produisent beaucoup d'oxygène, beaucoup plus que ce qu'elles consomment pour respirer ; mais il faut pour cela de l'énergie lumineuse. La nuit, ou en se décomposant, les algues font baisser la concentration en oxygène dissous, entraînant la mort par asphyxie des espèces aquatiques sensibles comme les poissons.

La diversité des algues est un excellent indicateur de la qualité de l'eau : plus les algues sont diversifiées, plus la qualité est bonne.
Les diatomées sont utilisées comme indicateurs de la qualité biologique de l'eau. Il y a un lien assez marqué entre la qualité de l'eau d'un milieu aquatique et la distribution des espèces de diatomées grattées sur un support présent dans cette eau. Le guide méthodologique pour la mise en œuvre de l'Indice Biologique Diatomées (3) donne la liste, les clés d'identification et les photographies des espèces qui ont une valeur indicatrice de la qualité de l'eau. Cet ouvrage fournit le profil écologique de chacune de ces espèces indicatrices.

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